Jan. 28th, 2014

My tweets

Jan. 28th, 2014 12:00 pm
larvatus: (Default)
larvatus: (rock)
Extrait d’une lettre adressée à M. le chevalier de Rossi en Saint-Pétersbourg, le 15 (27) août 1811.     From a letter addressed to Mr. the chevalier de Rossi in Saint-Petersburg, 15 (27) August 1811.
2o Toute nation a le gouvernement qu’elle mérite. De longues réflexions, et une longue expérience payée bien cher, m’ont convaincu de cette vérité comme d’une proposition de mathématiques. Tout loi est donc inutile, et même funeste (quelque excellente qu’elle puisse être en elle-même), si la nation n’est pas digne de la loi et faite pour la loi.
    Jadis le czar de Géorgie sortait tous les matins à cheval pour rendre la justice : il parcourait lentement les rues de Tiflis. Les plaideurs arrivaient, et disaient leurs raisons. Le czar donnait et faisait donner des coups de bâton à celui qui avait tort ou trop tort. Un Géorgien disait dernièrement, le plus sérieusement du monde, à mon frère, qui me l’a écrit : Eh bien ! Monsieur, on a remarqué que ces princes se trompaient très-rarement. Ils regrettent donc très-sincèrement cette vieille justice de rue ; et quant à la nouvelle que les Russes leur ont portée, qui procède par forme, par délais, par écriture, ils ne peuvent pas la tolérer, ils en sont malades ; et qui leur rapporterait la bâtonomie leur ferait un plaisir infini. Il y a chez nos vieilles nations d’Europe mille finesses que je crois très-fort au-dessus des Russes, du moins tels que je les connais dans ce moment. Le recours direct au souverain (ou la plainte) est une idée enracinée dans le plus profond de leurs cœurs ; et même, pour l’honneur de la souveraineté, elle est plus ou moins naturelle à tous les hommes. Je ne crois pas que l’opinion publique puisse être violée sur ce point. Il n’était pas malaisé, ce semble, de trouver le moyen qui aurait tout sauvé, en donnant seulement à la plainte, lorsqu’elle aurait été admise, la force de renvoyer la cause au plenum (ou chambres assemblées, suivant notre style).
Every nation has the government that it deserves. Lengthy reflection, and experience acquired at great cost, have convinced me of this truth as if it were a mathematical proposition. All law is useless and even fatal (however excellent it may be in itself), if the nation is not worthy of law and made for law.
    In the days of old the Czar of Georgia went out every morning on horseback to dispense justice; he slowly traversed the streets of Tbilisi. Litigants came and pleaded their cases. Armed with a cudgel, the Czar pummeled, and had pummeled, whoever was out of line or in the wrong. A Georgian recently spoke in all earnestness to my brother, who related his words to me: Well! Sir, they say that these princes very rarely erred. Thus they very sincerely regret this old street justice; and as for the new kind that the Russians have brought to them, which proceeds formally, slowly, and in writing, they cannot tolerate it, they are sick of it, and whoever would restore baculonomy to them, would deliver them an infinite delight. There are thousands of refinements in our ancient European nations, which I consider a great improvement over the Russians, at least as I know them at this moment. Direct appeal to the sovereign (or complaint) is an idea deeply rooted in their hearts, and as a credit to sovereignty, it even is more or less natural to all men. I do not believe that public sentiment could be violated on this point. It was not difficult, it seems, to find a way that would have saved everything, just by giving the complaint, once it was admitted, the force to refer the case to plenum (or elected assemblies, according to our custom).
— Joseph de Maistre, 1753 – 1821

March 2014

S M T W T F S
       1
23 4 5 6 78
9 1011 12 13 14 15
16 171819202122
23242526272829
3031     

Most Popular Tags

Style Credit

Expand Cut Tags

No cut tags
Page generated Sep. 24th, 2017 05:36 pm
Powered by Dreamwidth Studios