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        Les Tentations, ou Éros, Plutus et la Gloire         The Temptations: or, Eros, Plutus, and Glory         Искушения, или Эрос, Плутос и Слава
    Deux superbes Satans et une Diablesse, non moins extraordinaire, ont la nuit dernière monté l’escalier mystérieux par où l’Enfer donne assaut à la faiblesse de l’homme qui dort, et communique en secret avec lui. Et ils sont venus se poser glorieusement devant moi, debout comme sur une estrade. Une splendeur sulfureuse émanait de ces trois personnages, qui se détachaient ainsi du fond opaque de la nuit. Ils avaient l’air si fier et si plein de domination, que je les pris d’abord tous les trois pour de vrais Dieux.
    Le visage du premier Satan était d’un sexe ambigu, et il avait aussi, dans les lignes de son corps, la mollesse des anciens Bacchus. Ses beaux yeux languissants, d’une couleur ténébreuse et indécise, ressemblaient à des violettes chargées encore des lourds pleurs de l’orage, et ses lèvres entr’ouvertes à des cassolettes chaudes, d’où s’exhalait la bonne odeur d’une parfumerie; et à chaque fois qu’il soupirait, des insectes musqués s’illuminaient, en voletant, aux ardeurs de son souffle.
    Autour de sa tunique de pourpre était roulé, en manière de ceinture, un serpent chatoyant qui, la tête relevée, tournait langoureusement vers lui ses yeux de braise. A cette ceinture vivante étaient suspendus, alternant avec des fioles pleines de liqueurs sinistres, de brillants couteaux et des instruments de chirurgie. Dans sa main droite il tenait une autre fiole dont le contenu était d’un rouge lumineux, et qui portait pour étiquette ces mots bizarres: « Buvez, ceci est mon sang, un parfait cordial » ; dans la gauche, un violon qui lui servait sans doute à chanter ses plaisirs et ses douleurs, et à répandre la contagion de sa folie dans les nuits de sabbat.
    A ses chevilles délicates traînaient quelques anneaux d’une chaîne d’or rompue, et quand la gêne qui en résultait le forçait à baisser les yeux vers la terre, il contemplait vaniteusement les ongles de ses pieds, brillants et polis comme des pierres bien travaillées.
    Il me regarda avec ses yeux inconsolablement navrés, d’où s’écoulait une insidieuse ivresse, et il me dit d’une voix chantante : « Si tu veux, si tu veux, je te ferai le seigneur des âmes, et tu seras le maître de la matière vivante, plus encore que le sculpteur peut l’être de l’argile ; et tu connaîtras le plaisir, sans cesse renaissant, de sortir de toi-même pour t’oublier dans autrui, et d’attirer les autres âmes jusqu’à les confondre avec la tienne. »
    Et je lui répondis : « Grand merci ! je n’ai que faire de cette pacotille d’êtres qui, sans doute, ne valent pas mieux que mon pauvre moi. Bien que j’aie quelque honte à me souvenir, je ne veux rien oublier; et quand même je ne te connaîtrais pas, vieux monstre, ta mystérieuse coutellerie, tes fioles équivoques, les chaînes dont tes pieds sont empêtrés, sont des symboles qui expliquent assez clairement les inconvénients de ton amitié. Garde tes présents. »
    Le second Satan n’avait ni cet air à la fois tragique et souriant, ni ces belles manières insinuantes, ni cette beauté délicate et parfumée. C’était un homme vaste, à gros visage sans yeux, dont la lourde bedaine surplombait les cuisses, et dont toute la peau était dorée et illustrée, comme d’un tatouage, d’une foule de petites figures mouvantes représentant les formes nombreuses de la misère universelle. Il y avait de petits hommes efflanqués qui se suspendaient volontairement à un clou; il y avait de petits gnomes difformes, maigres, dont les yeux suppliants réclamaient l’aumône mieux encore que leurs mains tremblantes; et puis de vieilles mères portant des avortons accrochés à leurs mamelles exténuées. Il y en avait encore bien d’autres.
    Le gros Satan tapait avec son poing sur son immense ventre, d’où sortait alors un long et retentissant cliquetis de métal, qui se terminait en un vague gémissement fait de nombreuses voix humaines. Et il riait, en montrant impudemment ses dents gâtées, d’un énorme rire imbécile, comme certains hommes de tous les pays quand ils ont trop bien dîné.
    Et celui-là me dit: « Je puis te donner ce qui obtient tout, ce qui vaut tout, ce qui remplace tout ! » Et il tapa sur son ventre monstrueux, dont l’écho sonore fit le commentaire de sa grossière parole.
    Je me détournai avec dégoût, et je répondis: « Je n’ai besoin, pour ma jouissance, de la misère de personne ; et je ne veux pas d’une richesse attristée, comme un papier de tenture, de tous les malheurs représentés sur ta peau. »
    Quant à la Diablesse, je mentirais si je n’avouais pas qu’à première vue je lui trouvai un bizarre charme. Pour définir ce charme, je ne saurais le comparer à rien de mieux qu’à celui des très-belles femmes sur le retour, qui cependant ne vieillissent plus, et dont la beauté garde la magie pénétrante des ruines. Elle avait l’air à la fois impérieux et dégingandé, et ses yeux, quoique battus, contenaient une force fascinatrice. Ce qui me frappa le plus, ce fut le mystère de sa voix, dans laquelle je retrouvais le souvenir des contralti les plus délicieux et aussi un peu de l’enrouement des gosiers incessamment lavés par l’eau-de-vie.
    « Veux-tu connaître ma puissance ? » dit la fausse déesse avec sa voix charmante et paradoxale. « Écoute. »
    Et elle emboucha alors une gigantesque trompette, enrubannée, comme un mirliton, des titres de tous les journaux de l’univers, et à travers cette trompette elle cria mon nom, qui roula ainsi à travers l’espace avec le bruit de cent mille tonnerres, et me revint répercuté par l’écho de la plus lointaine planète.
    « Diable ! » fis-je, à moitié subjugué, « voilà qui est précieux ! » Mais en examinant plus attentivement la séduisante virago, il me sembla vaguement que je la reconnaissais pour l’avoir vue trinquant avec quelques drôles de ma connaissance ; et le son rauque du cuivre apporta à mes oreilles je ne sais quel souvenir d’une trompette prostituée.
    Aussi je répondis, avec tout mon dédain: « Va-t’en ! Je ne suis pas fait pour épouser la maîtresse de certains que je ne veux pas nommer. »
    Certes, d’une si courageuse abnégation j’avais le droit d’être fier. Mais malheureusement je me réveillai, et toute ma force m’abandonna. « En vérité, me dis-je, il fallait que je fusse bien lourdement assoupi pour montrer de tels scrupules. Ah ! s’ils pouvaient revenir pendant que je suis éveillé, je ne ferais pas tant le délicat ! »
    Et je les invoquai à haute voix, les suppliant de me pardonner, leur offrant de me déshonorer aussi souvent qu’il le faudrait pour mériter leurs faveurs; mais je les avais sans doute fortement offensés, car ils ne sont jamais revenus.
    Two superb Satans and a Deviless no less extraordinary ascended last night the mysterious stairway by which Hell assails the frailty of sleeping man, and converses with him covertly. And they poses gloriously before me, as though having mounted a stage. A sulphurous splendor emanated from these three beings who thus disengaged themselves from the opaque heart of the night. They bore with them a presence so proud and so full of mastery, that at first I took all three of them for true Gods.
    The first Satan had a countenance of doubtful sex, and the softness of ancient Bacchants in the lines of his body. His beautiful languorous eyes, of a shadowy and indefinite color, were like violets still laden with the heavy tears of the storm; and his slightly parted lips were like heated censers, from whence exhaled the sweet odor of many perfumes; and each time he breathed, exotic insects drew, as they fluttered, strength from the ardours of his breath.
    Twined about his tunic of purple stuff, in the manner of a cincture, was an iridescent Serpent with lifted head and eyes like embers turned sleepily towards him. Phials full of sinister fluids, alternating with shining knives and instruments of surgery, hung from this living girdle. He held in his right hand a flagon containing a luminous red fluid, and inscribed with a legend in these singular words: “Drink of this my blood: a perfect restorative”; and in his left hand held a violin that without doubt served to sing his pleasures and pains, and to spread abroad the contagion of his folly upon the nights of the Sabbath.
    From rings upon his delicate ankles trailed a broken chain of gold, and when the burden of this caused him to bend his eyes towards the earth, he would contemplate with vanity the nails of his feet, as brilliant and polished as well-wrought jewels.
    He looked at me with eyes inconsolably heartbroken and giving forth an insidious intoxication, and cried in a chanting voice: “If thou wilt, if thou wilt, I will make thee an overlord of souls; thou shalt be master of living matter more perfectly than the sculptor is master of his clay; thou shalt taste the pleasure, reborn without end, of obliterating thyself in the self of another, and of luring other souls to lose themselves in thine.”
    But I replied to him: “I thank thee. I only gain from this venture, then, beings of no more worth than my poor self? Though remembrance brings me shame indeed, I would forget nothing; and even before I recognized thee, thou ancient monster, thy mysterious cutlery, thy equivocal phials, and the chain that imprisons thy feet, were symbols showing clearly enough the inconvenience of thy friendship. Keep thy gifts.”
    The second Satan had neither the air at once tragical and smiling, the lovely insinuating ways, nor the delicate and scented beauty of the first. A gigantic man, with a coarse, eyeless face, his heavy paunch overhung his hips and was gilded and pictured, like a tattooing, with a crowd of little moving figures which represented the unnumbered forms of universal misery. There were little sinew-shrunken men who hung themselves willingly from nails; there were meager gnomes, deformed and undersized, whose beseeching eyes solicited alms even more eloquently than their trembling hands; there were old mothers who nursed clinging abortuses at their drooping breasts. And many others, even more surprising.
    This heavy Satan beat with his fist upon his immense belly, from whence came a loud and resounding metallic clangour, which died away in a sighing made by many human voices. And he smiled unrestrainedly, showing his broken teeth—the imbecile smile of a man who has dined too freely. Then the creature said to me:
“I can give thee that which gets all, which is worth all, which takes the place of all.” And he tapped his monstrous paunch, whence came a sonorous echo as the commentary to his obscene speech. I turned away with disgust and replied: “I need no man’s misery to bring me happiness; nor will I have the sad wealth of all the misfortunes pictured upon thy skin as upon a tapestry.”
    As for the She-devil, I should lie if I denied that at first I found in her a certain strange charm, which to define I can but compare to the charm of certain beautiful women past their first youth, who yet seem to age no more, whose beauty keeps something of the penetrating magic of ruins. She had an air at once imperious and sordid, and her eyes, though heavy, held a certain power of fascination. I was struck most by her voice, wherein I found the remembrance of the most delicious contralti, as well as a little of the hoarseness of a throat continually laved with brandy.
    “Wouldst thou know my power?” said the charming and paradoxical voice of the false goddess. “Then listen.” And she put to her mouth a gigantic trumpet, enribboned, like a mirliton, with the titles of all the newspapers in the world; and through this trumpet she cried my name so that it rolled through, space with the sound of a hundred thousand thunders, and came re-echoing back to me from the farthest planet.
    “Devil!” cried I, half tempted, that at least is worth something.” But it vaguely struck me, upon examining the seductive virago more attentively, that I had seen her clinking glasses with certain drolls of my acquaintance, and her blare of brass carried to my ears I know not what memory of a fanfare prostituted.
    So I replied, with all disdain: “Get thee hence! I know better than wed the light o’ love of them that 1 will not name.”
    Truly, I had the right to be proud of a so courageous renunciation. But unfortunately I awoke, and all my courage left me. “ In truth,” I said, “I must have been very deeply asleep indeed to have had such scruples. Ah, if they would but return while I am awake, I would not be so delicate.”
    So I invoked the three in a loud voice, offering to dishonour myself as often as necessary to obtain their favours; but I had without doubt too deeply offended them, for they have never returned.
    Два великолепных Дьявола и не менее замечательная Дьяволица поднялись прошлой ночью по той таинственной лестнице, через которую Ад атакует немощь спящего человека, и вступает с ним в тайные сношения. И вот они возвысились передо мной во всем блеске, словно бы выйдя на подмостки. Серное сияние исходило из этих трёх личностей, отделяя их от смутной глубины ночи. В их облике было столько гордости и господства, что поначалу я принял всех трёх за настоящих богов.
    Лицо первого дьявола было и мужским и женским, и во всех линиях его тела проявлялась изнеженность античных Бахусов. Его прекрасные томные глаза мрачного и неясного цвета, походили на фиалки всё ещё наполненные тяжелыми слезами грозы, а его полуоткрытые губы, на горячие курильницы, изливающие благовонный дым; и при каждом его вздохе мускусные мошки кружились рядом, вспыхивая от его горячего дыхания.
     Вокруг его пурпурной туники обвилась, подобно поясу, сверкающая змея, которая, приподнимая голову, томно обращала к нему свои искрящиеся глаза. К этому живому поясу были подвешены, чередуясь с флаконами наполненными роковыми зельями, блистающие кинжалы и хирургические инструменты. В правой руке он держал ещё один сосуд, наполненный красной светящейся жидкостью, на котором виднелась странная надпись: «Вкусите, сие есть кровь моя, что полностью укрепит ваши силы»; а в левой—скрипку, которая, без сомнения, служила ему, дабы воспевать свои радости и горести и распространять заразу безумия на полуночных шабашах.
    От его изящных лодыжкек тащились обрывки золотой цепи, и каждый раз, когда вызываемое ими стеснение принуждало его опускать глаза, он бросал тщеславные взгляды на свои ногти, отполированные и сверкающие, словно тщательно отделанные камни.
    Он посмотрел на меня полными безутешной скорби глазами, откуда исходил коварный дурман, и сказал мне певучим голосом: «Стоит тебе захотеть, стоит захотеть, и я сделаю тебя владыкою душ, и ты станешь повелителем живой материи, более властным, чем скульптор способен властвовать над глиной; и ты познаешь непрестанно возрождающееся наслаждение выходить за пределы самого себя, чтобы забыться в другом, и притягивать другие души, вплоть до их смешения с твоею собственной».
    И я отвечал ему: «Благодарю покорно! мне нечего делать с этим хламом чужих существ, которые, без сомнения, не стоят более, чем моя бедная душа. Хотя я и стыжусь некоторых своих воспоминаний, я не хочу ничего забывать; и даже если бы я не знал тебя, древнее чудовище, то твои странные ножи, твои двусмысленные зелья, цепи стесняющие твои ноги, обозначают достаточно ясно те неудобства, что причиняет твоя дружба. Оставь свои дары при себе».
    Второй дьявол не обладал ни подобной наружностью, одновременно трагической и ласковой, ни замечательно вкрадчивыми повадками, ни этой утонченной и благоухающей красотой. Это был огромный мужчина с широким безглазым лицом, чьё тяжелое брюхо нависало над бёдрами, и чья кожа была сплошь позолочена и испещрена, словно татуировками, сборищем крошечных движущихся фигурок, представляющих собой всевозможные разновидности вселенского несчастья. Тут были высохшие человечки, добровольно вешавшиесь на гвозде; тощие уродливые карлики, чьи умоляющие глаза просили милостыни ещё настойчивее, чем дрожащие руки; состарившиеся матери, державшие на руках недоносков, льнувших к их истощённым грудям. И было еще великое множество других.
    Тучный дьявол бил кулаком своё непомерное брюхо, и каждый раз оттуда доносилось бряцанье металла, заканчивающееся слабым стоном, издавашимся множеством человеческих голосов. И он хохотал, бесстыдно обнажая свои гнилые зубы, громким идиотским хохотом, как это делают во всех странах света некоторые люди после чересчур плотного обеда.
    И он сказал мне: «Я могу дать тебе то, что получает всё, что стоит всего, что заменяет всё». И он похлопал по своей чудовищной утробе, ответившей на его грубые слова гулким эхом.
    Я отвернулся от него с отвращением и ответил: «Для моего удовольствия не нужно чужого несчастья; и я не хочу богатства опечаленного всеми бедами отпечатанными на твоей коже, как на обоях».
    Что же до Дьяволицы, то я солгал бы, не сознавшись, что на первый взгляд я нашел в ней некое странное очарование. Чтобы определить это очарование, я не мог бы найти лучшего сравнения, чем с очарованием, присущим очень красивым зрелым женщинам, которые словно бы перестали стареть, и чья красота хранит пронизывающее обаяние руин. У неё был вид одновременно повелительный и нескладный, а ее глаза, даже окружённые синевой, содержали чарующую силу. Но сильнее всего поразил меня её таинственный голос, в котором я нашёл ноты нежнейших контральто заодно с хрипотцой глоток, регулярно промываемых водкой.
     «Хочешь узнать моё могущество?»—спросила лжебогиня чарующим и парадоксальным голосом. «Слушай».
    И она приложила к губам гигантскую трубу, обвутую лентами, словно сельская дудочка, с заголовками всех газет, какие только есть в мире, и сквозь эту трубу прокричала мое имя, которое прокатилось по всей вселенной с грохотом, подобным сотне тысяч громовых раскатов, и вернулось ко мне от самых дальних планет, отраженное эхом.
«Чёрт подери!»—воскликнул я, уже наполовину сдавшись.—«Вот это и вправду стоящее дело!» Но пока я разглядывал повнимательнее эту мужеподобную искусительницу, мне смутно припомнилось, что как-то раз видел её в пьяной компании известных пройдох; и её медное рычание напомнило мне некую продажную трубы.
    И я ответил со всем презрением, на какое был способен: «Изыди! Я не собираюсь жениться на любовнице неких лиц, которых даже не взялся бы назвать».
    Разумеется, после такого мужественного самоотречения я имел полное право гордиться собой. Но тут, к несчастью, я пробудился, и вся моя сила оставила меня. «Воистину»,—сказал я себе,—«я должен был заснуть слишком крепко, чтобы проявить столько щепетильности. Ах! если бы они могли вернуться сейчас, когда я бодрствую, я не был бы таким разборчивым!»
    И я громко взывал к ним, умоляя простить меня, предлагая им унижать меня всё чаще, пока я заново не удостоюсь их милости; но, должно быть, я жестоко оскорбил их, поскольку они никогда не вернулись.
    
    
    —Charles Baudelaire, Œuvres Complètes, V. I, Gallimard, 1975, pp. 307-310     —translated by MZ     —перевёл МЗ

Jean Mohler, Éros, Plutus et la Gloire, 1946


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     Ἡράκλειτος τὸ ἀντίξουν συμφέρον καὶ ἐκ τῶν διαφερόντων καλλίστην ἁρμονίαν καὶ πάντα κατ᾽ ἔριν γίνεσθαι: ἐξ ἐναντίας δὲ τούτοις ἄλλοι
Heracleitus says, ‘Opposition unites,’ and ‘The fairest harmony springs from difference,’ and ‘'Tis strife that makes the world go on.’
—Aristotle, Nicomachean Ethics 1155b1-6, translated by J. Bywater
Thirty-three years ago the author of these screeds walked free after serving a fifteen day sentence for petty hooliganism with twenty-two codefendants, counting among the first Soviet political protesters to get away with a slap on the wrist. The Berlin Wall came down thirteen years later, to the day. Coincidence? You decide.

Meanwhile, the philosophy of freedom is making giant strides in Russia. On 18 April 2009, Vadim Karastelev, head of the local Human Rights Committee, protested the curfew forbidding anyone under 18 years of age from appearing in the streets of Krasnodar region by displaying a sign with the slogan “Freedom is not given, it is taken”, a paraphrase of an analogous quotation about rights taken from a play by Maxim Gorky:
Прав—не дают, права—берут… Человек должен сам себе завоевать права, если не хочет быть раздавленным грудой обязанностей…
Rights aren’t given, rights are taken… Man must fight to win his rights if he doesn’t want to be crushed by a mountain of duties…
Herewith the expert philosophical analysis rendered in connection with his public display: Read more... ) Vadim Karastelev’s slogan echoes the combative demon of Charles Baudelaire:
Celui-là seul est l’égal d’un autre, qui le prouve, et celui-là seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir.
Only he is the equal of another, who proves it, and only he is worthy of liberty, who can conquer it.
In his turn, Baudelaire drew upon Goethe’s Faust calling for free humanity jointly creating universal welfare in a free society:
Ja! diesem Sinne bin ich ganz ergeben, 
das ist der Weisheit letzter Schluß: 
Nur der verdient sich Freiheit wie das Leben,
der täglich sie erobern muß.
This is the final product of my strife,
The greatest wisdom mankind ever knew:
He only earns his freedom and his life, 
Who boldly conquers them each day anew.
The Faustian maxim is infinitely malleable, lending itself as the populist motto for the National Socialism of Alfred Rosenberg, the Marxism of Ernst Thälmann, and the dissident humanism of Andrei Sakharov. May it serve as the battle cry for the advent of freedom in Russia.
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De la constellation initiale du poème, formée par les amoureux et les savants, les chats permettent, par leur médiation, d’éliminer la femme, laissant face à face—sinon même confondus—“le poète des Chats”, libéré de l’amour “bien restreint”, et l’univers, délivré de l’austérité du savant.

The cats, by their mediation, permit the removal of woman from the initial assemblage formed by lovers and scholars. The poet of “Les Chats,” liberated from love “bien petit, bien restreint,” meets face to face and perhaps even blends with the universe, delivered from the scholar’s austerity.

—Roman Jakobson, Claude Lévi-Strauss, “« Les Chats » de Charles Baudelaire”, L’Homme, 1962, Volume 2, Issue 1, pp. 5-21, at p. 21
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[info]aptsvet:
Любой реальный язык есть продукт “порчи”, а не элитарного взращивания.

[info]larvatus:
Французский язык является продуктом элитарного взращивания со времён кардинала Ришелье. И если можно поиздеваться над тщетными потугами вытеснения англицизмов типа email и software туземными новообразованиями типа courriel и logiciel, несомненно, что литературный модернизм от Бодлера до Бекетта обязан своим существованием именно этому академическому аскетизму.

[info]aptsvet:
В каком-то смысле верно и заслуживает особого внимания. Тем не менее, не мне одному кажется, что французская модель надзора за языком не идеальна. Русская, кстати, с нее во многом скопирована.

[info]larvatus:
Ежели верно и заслуживает внимания, зачем тогда стулья ломать?

[info]aptsvet:
Во-первых, в силу иных убеждений. Во-вторых, там тоже не так просто, многие нынешние авторы прилагают все усилия, чтобы не скатиться в язык Расина.

[info]larvatus:
И первое и второе понятно и оправдано. Но всё же, Ваше заявление, что любой реальный язык есть продукт “порчи”, а не элитарного взращивания, полностью опровергается вышеуказанным исключением.

[info]aptsvet:
О, я могу привести контрпримеры еще лучше—эсперанто, например, не говоря уже о строго формализованных языках программирования. Литературному французскому до этих эталонов далеко. Но я все же берусь предсказать, что узус победит норму и во французском, а польза его контролируемой эволюции для меня неочевидна.

[info]larvatus:
Контрпример эсперанто, не говоря уже о строго формализованных языках программирования, в контексте разговора о реальных языках проходит под рубрикой лёгкого издевательства, если не злостной софистики. Я не спорю с Вашими предсказаниями победы лингвистического народничества и восприятиями неочевидности пользы контролируемой эволюции. Меня удивляет лишь кульминация Вашей полемики заведомо ложным утверждением.

[info]aptsvet:
Лучше все же взглянуть в начало, в исходный пост. Ситуация в эпоху классической латыни, особенно серебряной, была во многом сходна с нынешней французской. Индукция имеет свои минусы, но лучше инструмента у нас нет.

[info]larvatus:
Самый лучший инструмент—это правда. Индукции здесь не стояло. В противном случае, мы бы всё ещё существовали в пещерах.

[info]aptsvet:
Пещеры тут ни при чем. Мне кажется, вы путаете мою неприязнь к лексической регламентации с отрицанием речевого этикета, на который я ни в коем случае не посягаю—наоборот, постоянно сетую на его кризис в сегодняшнем русском языке. Тем не менее, к грамматическому роду кофе он никакого отношения не имеет.

[info]larvatus:
Я пишу не про отрицание речевого этикета, и тем более не про грамматический род слова кофе, а про вполне реальный язык, являющийся продуктом “элитарного взращивания”.
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Je me suis toujours plu à chercher dans la nature extérieure et visible des exemples et des métaphores qui me servissent à caractériser les jouissances et les impressions d’un ordre spirituel. Je rêve à ce que me faisait éprouver la poésie de Mme Valmore quand je la parcourus avec ces yeux de l’adolescence qui sont, chez les hommes nerveux, à la fois si ardents et si clairvoyants. Cette poésie m’apparaît comme un jardin ; mais ce n’est pas la solennité grandiose de Versailles ; ce n’est pas non plus le pittoresque vaste et théâtral de la savante Italie, qui connaît si bien l’art d’édifier des jardins (aedificat hortos) ; pas même, non, pas même la Vallée des Flûtes ou le Ténare de notre vieux Jean-Paul. C’est un simple jardin anglais, romantique et romanesque. Des massifs de fleurs y représentent les abondantes expressions du sentiment. Des étangs, limpides et immobiles, qui réfléchissent toutes choses s’appuyant à l’envers sur la voûte renversée des cieux, figurent la profonde résignation toute parsemée de souvenirs. Rien ne manque à ce charmant jardin d’un autre âge, ni quelques ruines gothiques se cachant dans un lieu agreste, ni le mausolée inconnu qui, au détour d’une allée, surprend notre âme et lui recommande de penser à l’éternité. Des allées sinueuses et ombragées aboutissent à des horizons subits. Ainsi la pensée du poète, après avoir suivi de capricieux méandres, débouche sur les vastes perspectives du passé ou de l’avenir ; mais ces ciels sont trop vastes pour être généralement purs, et la température du climat trop chaude pour n’y pas amasser des orages. Le promeneur, en contemplant ces étendues voilées de deuil, sent monter à ses yeux les pleurs de l’hystérie, hysterical tears. Les fleurs se penchent vaincues, et les oiseaux ne parlent qu’à voix basse. Après un éclair précurseur, un coup de tonnerre a retenti : c’est l’explosion lyrique ; enfin un déluge inévitable de larmes rend à toutes ces choses, prostrées, souffrantes et découragées, la fraîcheur et la solidité d’une nouvelle jeunesse !
― Charles Baudelaire, Sur mes contemporains : M. Desbordes-Valmore, OC II, pp. 148-149
I always took pleasure in seeking in external and visible nature, examples and metaphors that helped me to characterize the pleasures and the impressions of a spiritual order. I dream of that, which the poetry of Mme Valmore made me feel when I traversed it with these eyes of adolescence that are, in nervous men, at once so ardent and so clear-sighted. This poetry presents itself to me as a garden; but it is not the imposing solemnity of Versailles; neither is it the vast and theatrical picturesque of learned Italy, who knows so well the art of edifying gardens (aedificat hortos); not even, not, not even the Valley of the Flutes or Tænarum of good old Jean-Paul. It is a simple English garden, romantic and novelistic. Flowerbeds represent therein the abundant expressions of sentiment. Ponds, limpid and motionless, which reflect all things resting upon the overturned vault of the skies, represent deep resignation all strewn with memories. Nothing is lacking in this charming garden of a past age, neither some Gothic ruins hiding in a rural spot, nor the unknown mausoleum that, at the turning of a pathway, surprises your soul and instructs it to think of eternity. Sinuous and shaded pathways end in sudden horizons. Thus the poet’s thought, having followed capricious meanders, emerges into vast perspectives of the past or the future; but these skies are too vast to be completely unclouded, and the temperature of those climes too warm to forestall the buildup of storms. The stroller, in contemplating these expanses veiled in mourning, feels his eyes well up with the tears of hysteria, hysterical tears. The flowers lean over in defeat, and the birds speak only in low voice. After a precursory flash, a thunderclap resounded: it is the lyric explosion; at last an inevitable flood of tears returns to all these prostrate, suffering, and discouraged things, the freshness and the solidity of a new youth!
― translated by MZ

Portrait de Marceline Desbordes-Valmore, par Nadar
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Homage to a Government

Next year we are to bring all the soldiers home
For lack of money, and it is all right.
Places they guarded, or kept orderly,
We want the money for ourselves at home
Instead of working. And this is all right.

It’s hard to say who wanted it to happen,
But now it’s been decided nobody minds.
The places are a long way off, not here,
Which is all right, and from what we hear
The soldiers there only made trouble happen.
Next year we shall be easier in our minds.

Next year we shall be living in a country
That brought its soldiers home for lack of money.
The statues will be standing in the same
Tree-muffled squares, and look nearly the same.
Our children will not know it’s a different country.
All we can hope to leave them now is money.

— Philip Larkin
    Thus Charles Baudelaire paid his homage to the joy of martial obedience in Le peintre de la vie moderne: Read more... )
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― in living memory of my father    
    Il n’existe que trois êtres respectables :
    Le prêtre, le guerrier, le poète. Savoir, tuer et créer.
    Les autres hommes sont taillables et corvéables, faits pour l’écurie, c’est-à-dire pour exercer ce qu’on appelle des professions.
    — Charles Baudelaire, Mon cœur mis à nu
    There exist but three respectable beings:
    The priest, the warrior, the poet. To know, to kill, to create.
    The rest of men belong to the fatigue party, made for the stables, in other words for the practice of that, which is called professions.
    — Charles Baudelaire, My heart laid bare[0]
Stéphane Mallarmé began his career in nearly devotional emulation of the ill-fated cultivator of les fleurs du mal. Notwithstanding the affinities of his ethos, his destiny was to differ in one significant regard. Or so he insisted in a letter to his friend Henri Cazalis, written in October of 1862:[1] Read more... )
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― in living memory of my father        
ecce respondeo dicenti, ‘quid faciebat deus antequam faceret caelum et terram?’ respondeo non illud quod quidam respondisse perhibetur, ioculariter eludens quaestionis violentiam: ‘alta,’ inquit, ‘scrutantibus gehennas parabat.’ aliud est videre, aliud ridere: haec non respondeo.
— Aurelius Augustinus, Confessiones
See, I answer him that asketh, “What did God before He made heaven and earth?” I answer not as one is said to have done merrily (eluding the pressure of the question), “He was preparing hell (saith he) for pryers into mysteries.” It is one thing to answer enquiries, another to make sport of enquirers. So I answer not.
— Augustine of Hippo, Confessions
La Fontaine, entendant plaindre le sort des damnés au milieu du feu de l’Enfer, dit : « Je me flatte qu’ils s’y accoutument, et qu’à la fin, ils sont là comme le poisson dans l’eau. »
— Chamfort, Maximes et Pensées, Caractères et Anecdotes
La Fontaine, hearing complaints of the lot of the damned in the midst of hellfire, said: “I trust that they get accustomed to it, and that in the end, they rest there as fish in water.”
— Chamfort, Maxims and Thoughts, Characters and Anecdotes
     FEU. Purifie tout. — Quand on entend crier « au feu », on doit commencer par perdre la tête.
— Gustave Flaubert, Le Dictionnaire des idées reçues
FIRE. Purifies everything. — Upon hearing the cry of “Fire!”, one must begin by losing his head.
— Gustave Flaubert, Dictionary of Received Ideas
     Il y a du Dante, en effet, dans l’auteur des Fleurs du Mal, mais c’est du Dante d’une époque déchue, c’est du Dante athée et moderne, du Dante venu après Voltaire, dans un temps qui n’aura point de saint Thomas.
— Jules Barbey D’Aurevilly, Les Poètes
There is Dante, in effect, in the author of the Flowers of Evil, but it is a Dante of the fallen era, an atheistic and modern Dante, a Dante who comes after Voltaire, in a time that will have no saint Thomas.
— Jules Barbey D’Aurevilly, The Poets[0]
1978 years ago, Jesus welcomed all men to partake of his company:[1]
Δεῦτε πρός με πάντες οἱ κοπιῶντες καὶ πεφορτισμένοι, κἀγὼ ἀναπαύσω ὑμᾶς. Come unto me, all ye that labour and are heavy laden, and I will give you rest.
His words are echoed and amplified through our God-fearing land. The authority of the Son of God is buttressed by the all too human urge to connect with a role model of one’s choosing. Read more... )

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The Raven, by Edgar Allan Poe Le Corbeau traduit par Charles Baudelaire Le Corbeau traduit par Stéphane Mallarmé
1 Once upon a midnight dreary, while I pondered, weak and weary,
Over many a quaint and curious volume of forgotten lore —
While I nodded, nearly napping, suddenly there came a tapping,
As of some one gently rapping, rapping at my chamber door.
“’Tis some visiter,” I muttered, “tapping at my chamber door —
    Only this, and nothing more.”
    Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué, sur maint précieux et curieux volume d’une doctrine oubliée, pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre. « C’est quelque visiteur, — murmurai-je, — qui frappe à la porte de ma chambre ; ce n’est que cela et rien de plus. »     Une fois, par un minuit lugubre, tandis que je m’appesantissais, faible et fatigué, sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié, — tandis que je dodelinais la tête, somnolant presque, soudain se fit un heurt, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre, — cela seul et rien de plus.
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― à Eric Gans        
    petit-maître
    Vieilli, littéraire. Jeune élégant, jeune élégante aux allures et aux manières affectées et prétentieuses.
    Pluriel : des petits-maîtres, des petites-maîtresses.
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say what?

Sep. 6th, 2005 08:55 am
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― for David W. Affeld        
„Die Kunst muß erst recht wieder verachtet, für ganz unnütz gehalten werden, ehe wieder was daraus werden kann, oder sie muß auch recht einseitig auf alles angewendet werden. Es ist ein vergeblicher Wunsch, daß uns das Publicum recht verstehen soll.“
“Art must be despised and considered to be completely worthless before anything can be derived from it again, or else it must be applied to everything. It is therefore ridiculous to try for any kind of personal success.”
« Quand j’aurai inspiré le dégoût et l’horreur universels, j’aurai conquis la solitude. »
“Once I have inspired universal disgust and horror, I will have conquered solitude.”

« Ma carrière n'avait pas été un échec, commercialement tout du moins : si l’on agresse le monde avec une violence suffisante, il finit par le cracher, son sale fric ; mais jamais, jamais il ne vous redonne la joie. »
“My career had not been a failure, at least commercially: if you assail the world with sufficient violence, it ends up spewing its filthy lucre; but never, never does it give you back any joy.”

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    Afin de jouir d’une oeuvre qui joignît, suivant ses voeux, à un style incisif, une analyse pénétrante et féline, il lui fallait arriver au maître de l’Induction, à ce profond et étrange Edgar Poe, pour lequel, depuis le temps qu’il le relisait sa dilection n’avait pu déchoir.     To enjoy a literary work that adjoined, according to his wishes, to an incisive style, a penetrating and feline analysis, he had to get to the master of Induction, that profound and strange Edgar Poe, for whom, since the moment when he started re-reading him, his devotion could not have declined.

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    Le monde va finir. La seule raison pour laquelle il pourrait durer, c’est qu’il existe. Que cette raison est faible, comparée à toutes celles qui annoncent le contraire, particulièrement à celle-ci : qu’est-ce que le monde a désormais à faire sous le ciel ? — Car, en supposant qu’il continuât à exister matériellement, serait-ce une existence digne de ce nom et du dictionnaire historique ? Je ne dis pas que le monde se réduit aux expédients et au désordre bouffon des républiques du Sud-Amérique, que peut-être même nous retournerons à l’état sauvage et que nous irons, à travers les ruines herbues de notre civilisation, chercher notre pâture, un fusil à la main. Non ; — car ce sort et ces aventures supposeraient encore une certaine énergie vitale, écho des premiers âges. Nouvel exemple et nouvelles victimes des inexplorables lois morales, nous périrons par où nous avons cru vivre. La mécanique nous aura tellement américanisés, le progrès aura si bien atrophié en nous toute la partie spirituelle, que rien parmi les rêveries sanguinaires, sacrilèges, ou anti-naturelles des utopistes ne pourra être comparé à ses résultats positifs. Je demande à tout homme qui pense de me montrer ce qui subsiste de la vie. De la religion, je crois inutile d’en parler et d’en chercher les restes, puisque se donner encore la peine de nier Dieu est le seul scandale en pareilles matières. La propriété avait disparu virtuellement avec la suppression du droit d’aînesse ; mais le temps viendra où l’humanité, comme un ogre vengeur, arrachera leur dernier morceau à ceux qui croiront avoir hérité légitimement des révolutions. Encore, là ne serait pas le mal suprême.     The world is going to end. The only reason for which it could last, is that it exists. This reason is feeble, compared to all those that announce the opposite, particularly to this one: what does the world have from now on to do under the sky? — Because, supposing that it should continue to exist materially, would that be an existence worthy of its name and a historical dictionary? I do not say that the world reduces itself to the expedients and the farcical disorder of the republics of South America, that perhaps we shall even revert to savagery and that we shall proceed, across the grassy ruins of our civilization, to seek our grazing ground, rifle in hand. No — because this fate and these adventures would still presuppose a certain vital energy, echo of the first ages. New example and new victims of the unexplorable moral laws, we shall perish by what we had believed to live. Mechanics will have Americanized us so much, progress will have so thoroughly atrophied in us all our spiritual faculties, that nothing among the sanguinary, sacrilegious, or anti-natural daydreams of the utopians could be compared with its positive results. I ask any thinking man to show me what remains of life. Concerning religion, I believe that it is useless to speak and to seek its remains, since to go to the trouble of once again denying God is the only scandal in such matters. Property had virtually disappeared with the suppression of the right of primogeniture; but the time will come when humanity, like a vengeful ogre, will extract its remainder from those who will believe themselves to have legitimately inherited from the revolutions. Still, that would not be the supreme evil.

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— for Eric Gans
    Quand il parlait, il ne levait jamais un bras ni un doigt : il avait tué la marionnette.
    — Paul Valéry, Monsieur Teste
    When he spoke, he never raised his arm, nor his finger; he had killed the puppet.
    — Paul Valéry, Monsieur Teste[0]


    It is customary to introduce a French subject in the history of ideas (l’histoire des mentalités) with the simile coined by the great mediaevalist Marc Bloch:[1] « Le bon historien, lui, ressemble à l’ogre de la légende. Là où il flaire la chair humaine, il sait que là est son gibier. » The good historian, says Bloch, resembles the legendary ogre: wherever he smells human flesh, there he knows to seek his prey. But the postmodern ogre is a conflicted creature. Undermining the cause of his own carnivorous appetite, he holds that the singularity of definitively modern works consists precisely in their fundamental ambiguity. In so far as historical events are molded by human hands, this singularity must extend to all subjects of modern history.
    Witness Ross Chambers epitomizing French literary modernism in the two key masterpieces of that movement, Charles Baudelaire’s verse collection Les fleurs du mal and Gustave Flaubert’s novel Madame Bovary:[2]
Their writing has an elusive quality that resists interpretative closure and makes it difficult, perhaps impossible, to locate a subject in which an “intended meaning” would have originated. As a result, reading modern works becomes a literally interminable procedure, and in both the text and its interpretation the insistence of unconscious forces ― that is, of desire ― becomes impossible to ignore.
Physicists teach that perpetual motion is impossible. Economists agonize over the prospects of full employment. Little do they know that resistance to interpretative closure is all it takes to ensure that the tribe of literary critics becomes fully employed in the manufacture of perpetual motion compelled by the insistence of desire and predicated upon the impossibilities of ignoring.Read more... )

11. endgame

Mar. 7th, 2005 07:00 am
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Le dernier acte est sanglant, quelque belle que soit la comédie en tout le reste : on jette enfin de la terre sur la tête, et en voilà pour jamais.
— Blaise Pascal, Pensées
The final act is bloody, howsoever fine all the rest of the play: in the end they throw some earth over our head, and thus therewith forever.
— Blaise Pascal, Pensées
Toute plaisanterie dans un homme mourant est hors de sa place ; si elle roule sur de certains chapitres, elle est funeste. C’est une extrême misère que de donner à ses dépens à ceux que l’on laisse le plaisir d’un bon mot.
— Jean de La Bruyère, Les Caractères
Any joke made by a dying man is out of place; if it turns on certain subjects, it is dreadful. It is a wretched thing, to give the pleasure of a witticism, at one’s own expense, to those one leaves behind.
— Jean de La Bruyère, The Characters
Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement.
— François de La Rochefoucauld, Maximes
Neither the sun nor death can be looked upon steadily.
— François de La Rochefoucauld, Maxims[0]
In 1862, the year that followed the glory of the second edition of Les Fleurs du mal with the farce of his failed attempt to gain election to the French Academy, Baudelaire saw his friend and publisher Auguste Poulet-Malassis declared bankrupt. The poet was heavily invested in this failure. His finances collapsed. At that time, he began another journal, which he entitled Hygiène:[1]
    Plus on veut, mieux on veut.     The more you will, the better you will.
    Plus on travaille, mieux on travaille et plus on veut travailler. Plus on produit, plus on devient fécond.
    Après une débauche, on se sent toujours plus seul, plus abandonné.
    The more you work, the better you work and the more you want to work. The more you produce, the more fertile you become.
    After debauchery, you always feel more alone, more abandoned.
    Au moral comme au physique, j’ai toujours eu la sensation du gouffre, non seulement du gouffre du sommeil, mais du gouffre de l’action, du rêve, du souvenir, du désir, du regret, du remords, du beau, du nombre, etc.
    J’ai cultivé mon hystérie avec jouissance et terreur. Maintenant, j’ai toujours le vertige, et aujourd’hui, 23 janvier 1862, j’ai subi un singulier avertissement, j’ai senti passer sur moi le vent de l’aile de l’imbécillité.[2]
    Morally, as physically, I always had the feeling of the abyss, not only of the abyss of sleep, but of the abyss of action, of dream, of memory, of desire, of regret, of remorse, of beauty, of number, etc.
    I have cultivated my hysteria with delight and terror. Now, I always have vertigo, and today, January 23, 1862, I underwent a singular warning, I felt passing over me the wind of the wing of imbecillity.
The revulsion of flesh, the withdrawal from its touch, avowed by this man of the crowd, finds its complement in the transposition of a hoary sexual cliché into the realm of productive labor:
It’s a commonplace observation but true just the same ― the more you fuck, the more you want to fuck, and the better you do fuck! When you overdo it your cock seems to get more flexible: it hangs limp, but on the alert, as it were. You only have to brush your hand over your fly and it responds. For days you can walk around with a rubber truncheon dangling between your legs. Women seem to sense it, too.
― Henry Miller, Sexus[3]
But the discipline of creative work failed to accrue though fatigue party practice in the way of the young man’s well honed aptitude for debauchery. Baudelaire fantasized about fleeing to Honfleur, into his mother’s care, responsible for the production of his greatest poems five years earlier. He practiced the prescription of Pascal’s Wager, praying to the dead dearest to him. Prayer was unavailing. Read more... )
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     Le suicide est le plus grand des crimes. Quel courage peut avoir celui qui tremble devant un revers de fortune ? Le véritable héroïsme consiste à être supérieur aux maux de la vie.
— Napoléon I, Maximes de guerre et pensées
Suicide is the greatest of crimes. What courage could possess he who trembles before a reversal of fortune? True heroism consists in being above the ills of life.
— Napoleon I, Maxims of War and Thoughts
     L’orgueil est toujours plus près du suicide que du repentir.
— Antoine de Rivarol, Maximes, pensées et paradoxes
Pride is always closer to suicide than to repentance.
— Antoine de Rivarol, Maxims, thoughts, and Paradoxes
     On a, relativement à la gravité du sujet, écrit très peu sur le suicide, on ne l’a pas observé. Peut-être cette maladie est-elle inobservable. Le suicide est l’effet d’un sentiment que nous nommerons, si vous voulez, l’estime de soi-même, pour ne pas le confondre avec le mot honneur. Le jour où l’homme se méprise, le jour où il se voit méprisé, le moment où la réalité de la vie est en désaccord avec ses espérances, il se tue et rend ainsi hommage à la société devant laquelle il ne veut pas rester déshabillé de ses vertus ou de sa splendeur. Quoi qu’on en dise, parmi les athées (il faut excepter le chrétien du suicide), les lâches seuls acceptent une vie déshonorée. Le suicide est de trois natures : il y a d’abord le suicide qui n’est que le dernier accès d’une longue maladie et qui certes appartient à la pathologie ; puis le suicide par désespoir, enfin le suicide par raisonnement. Lucien voulait se tuer par désespoir et par raisonnement, les deux suicides dont on peut revenir ; car il n’y a d’irrévocable que le suicide pathologique : mais souvent les trois causes se réunissent, comme chez Jean-Jacques Rousseau.
— Honoré de Balzac, Illusions perdues
Considering the gravity of the subject, very little has been written about suicide; it has not been studied. Perhaps this malady cannot be studied. Suicide results from a feeling that if you like we will call self-esteem, so as not to confuse it with the word “honor”. The day when a man despises himself, the day when he sees himself despised, the moment when the reality of life is at odds with his hopes, he kills himself and thus pays homage to society, before which he does not wish to stand stripped of his virtues or his splendor. Whatever one may say of it, among atheists (exception must be made for the Christian suicide) cowards alone accept a life dishonored. There are three kinds of suicide: firstly the kind that is but the final bout of a prolonged sickness, and which surely belongs to the domain of pathology; secondly the suicide arrived at through despair; thirdly the suicide arrived at through reasoning. Lucien wanted to kill himself through despair and through reasoning, the two kinds of suicide from which one may retreat; for the only irrevocable kind is the pathological suicide; but often the three causes come together, as in the case of Jean-Jacques Rousseau.
— Honoré de Balzac, Lost Illusions
     SUICIDE. Preuve de lâcheté.
— Gustave Flaubert, Le Dictionnaire des idées reçues

SUICIDE. Proof of cowardice.
— Gustave Flaubert, Dictionary of Received Ideas[0]
Born on 9 April 1821, Charles Baudelaire made several attempts on his life before realizing himself as a poet. At the age of 24, he sent his mistress Jeanne Duval with a letter to the court-appointed guardian of his paternal inheritance:[1]
Je me tue ― sans chagrin. ― Je n’éprouve aucune de ces perturbations que les hommes appellent chagrin. ― Mes dettes n’ont jamais été un chagrin. Rien n’est plus facile que de dominer ces choses-là. Je me tue parce que je ne puis plus vivre, que la fatigue de m’endormir et la fatigue de me réveiller me sont insupportables. Je me tue parce que je suis inutile aux autres ― et dangereux à moi-même. Je me tue, parce que je me crois immortel et que j’espère.
― Lettre à Narcisse Ancelle, Paris, le 30 juin 1845
I kill myself ― without sorrow. ― I feel none of those disturbances that men call sorrow. ― My debts never have been a sorrow. Nothing is easier than mastering these things. I kill myself because I could no longer live, because the weariness of falling asleep and the weariness of awakening are unbearable to me. I kill myself because I am useless to others ― and dangerous to myself. I kill myself, because I believe myself to be immortal and because I hope.
― Letter to Narcisse Ancelle, Paris, 30 June 1845
As with every other melodramatic gesture commemorated in the poet’s correspondence, the suicide attempt resonated with concern among his intimates, without realizing the threatened consequence in its author’s life. Its concerns recur, in the images of death and decay, self-loathing and self-immolation, which play a crucial part in his art.[2] Read more... )
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    The revolutionary fevers of 1848 redefined the identities of European powers for generations to come. Their germs came from France. The first banners of rebellion arose in the cause of universal suffrage. The end of the revolutionary and Napoleonic wars in 1814, with its tragic aftermath at Waterloo in 1815, ushered in the reactionary restoration of the Bourbon dynasty in the person of Louis XVIII. This new King of France was a brother of Louis XVI, guillotined during the revolution. The key to his fate was forged by Talleyrand. That shadowy architect of French polity, who in 1796 had consigned it to Napoléon’s Brumaire coup d’état, endured to rescue it in 1814 from humiliation by its victors at the Congress of Vienna.
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     PAUVRES. S’en occuper tient lieu de toutes les vertus.
RADICALISME. D’autant plus dangereux qu’il est latent.
RÉPUBLICAINS. Les républicains ne sont pas tous voleurs, mais les voleurs sont tous républicains.
— Gustave Flaubert, Le Dictionnaire des idées reçues
POOR. To concern oneself with them does the duty of all virtues.
RADICALISM. All the more dangerous when it is latent.
REPUBLICANS. Not all republicans are thieves, but all thieves are republicains.
— Gustave Flaubert, The Dictionary of Received Ideas[0]
    It is July of 1865. Charles Baudelaire is forty-four years old. He is a self-proclaimed pederast, cannibalistic patricide, police spy, and proofreader of pornography. He is a voluntary exile from his native France. He constantly denounces the character of his countrymen. He equally detests his philistine Belgian hosts. His hip and edgy public fails to take heed of his cautionary messages concerning the perils of intoxicants. The future beacons of symbolism, Mallarmé and Verlaine, already regard him as their literary master. During his brief passage through Paris, he deposes “an enormous bundle” of new manuscripts in the office of Gervais Charpentier, editor of the Revue nationale et étrangère. The texts have been long promised to the bookseller Julien Lemer. Charpentier has published several of their predecessors seven years earlier. He knows what to expect. Nevertheless, of the eleven eagerly anticipated prose poems contained therein, he chooses to publish but six. He rejects the rest as unsuitable for public consumption.[1] Among the texts so designated, a flagrant insult to the moral sensibilities of the progressive republicans and other moderate opponents and loyal supporters of the Saint-Simonian regime of the Second Empire, a jeering, brutal slogan: Read more... ) Here ends the second chapter of the second part of the book previously entitled Representation and Modernity, begun in 1986 and submitted by the author and accepted by Hilary Putnam and William Mills Todd III, in partial satisfaction of 1993 degree requirements at Harvard University. Some of the subsequent chapters have been posted elsewhere in this journal. Comments, questions, suggestions, and requests shall be gratefully considered and promptly answered.

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RADICALISME. D’autant plus dangereux qu’il est latent.
RADICALISM. All the more dangerous when it is latent.
— Gustave Flaubert, Le Dictionnaire des idées reçues[0]

Complementing his treatment of mimesis, Erich Auerbach’s 1944 essay “Figura” lays down a classic account of figurative meaning. According to Auerbach, “figura is something real and historical which announces something else which is also real and historical. The relation between the two events is revealed by an accord or similarity.” Thus figurae connect persons and events as symbolic links in a providentially understood historical sequence. Thus the world recounted in the Bible remains imperfectly revealed. Every pivotal historical moment therein is understandable as a figura perpetually pregnant with meaning, yet always resistant to maieutic, the Socratic midwifery that might deliver full figuration a later historical moment. Within such moments history itself, with all its concrete force, remains forever a figure, cloaked, forever inviting and forever requiring the final disclosure, the final demystification, yearned for by the author of the Book of Revelation. As such, figurae are identifiable only in retrospect, when a type, or promise adumbrated or constituted by an earlier event or person is fulfilled or realized by its anti-type, a later event or person. Accordingly, in order to approach an understanding of the figurative meaning of the bad glazier and his bohemian tormentor, we must achieve two tasks. The first is to provide a retrospective account for these characters as realizing a prior historical promise that inheres in the locus classicus. The second is to define their fulfillment by the ensuing turn of historical events that comprises their locus modernus.[1]
Read more... )
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Rachel calls again. She asks whether Michael ever loved her. If so, how can he treat her that way? Michael reminds her of her predecessor turning out the same question. From each according to her ability, to each according to her need. Rachel has had her chance. Michael gave her many opportunities to get things right. She chose to salt the ground and poison the well. She is feeling sorry now. She wants to know what would happen if she came back. Michael declines to predict. She wants Michael to know that she had her reasons for striking out at him. Michael declines to excuse. She wants to know what to do with her tender feelings. Michael suggests an appropriate receptacle.
Y a-t-il des folies mathématiques et des fous qui pensent que deux et deux fassent trois ? En d’autres termes, l’hallucination peut-elle, si ces mots ne hurlent pas [d’être accouplés ensemble], envahir les choses de pur raisonnement ? Si, quand un homme prend l’habitude de la paresse, de la rêverie, de la fainéantise, au point de renvoyer sans cesse au lendemain la chose importante, un autre homme le réveillait un matin à grands coups de fouet et le fouettait sans pitié jusqu’à ce que, ne pouvant travailler par plaisir, celui-ci travaillât par peur, cet homme, le fouetteur, ne serait-il pas vraiment son ami, son bienfaiteur ? D’ailleurs, on peut affirmer que le plaisir viendrait après, à bien plus juste titre qu’on ne dit : l’amour vient après le mariage.
    De même, en politique, le vrai saint est celui qui fouette et tue le peuple, pour le bien du peuple.
— Charles Baudelaire, Fusées
Is there not a mathematical madness, and madmen who think that two plus two make three? In other words, can hallucination, if these words do not cry out [from being conjoined together], invade the realm of pure reason? If, when a man accustomed himself to indolence, to daydreaming, to idleness, to the point of incessantly postponing important matters till the day after, another man woke him up in the morning with great flailings of a whip, and whipped him mercilessly till he, unable to work for pleasure, would work from fear, that man, the tormentor, would he not really be his friend, his benefactor? At any rate, it could be said that pleasure would follow, far more assuredly than it is said that love comes after marriage.
    Likewise, in politics, the true saint is he who whips and kills the people, for the good of the people.
— Charles Baudelaire, Skyrockets, translated by MZ

Man Ray, Portrait imaginaire de D.A.F. de Sade, 1938
Oil on canvas with painted wood panel, 61.5x46.6cm
The Menil Collection, Houston, Texas
When I was writing a review of Alban Berg’s correspondence, I remarked to an elderly and very distinguished psychoanalyst that I was surprised by how many of Schoenberg’s students seemed to enjoy being so badly treated and humiliated by him. She replied, “I have no time to explain this just now, but I can assure you that there are a great many masochists and not nearly enough sadists to go around.”

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